Armand Lanoux

- "À vous la main."

Table de travail - Chelles, 1947
Armand LANOUX est né le 24 octobre 1913 à Paris, à 23h dans le 12ème arrondissement, près du faubourg Saint-Antoine, quartier des colères de la capitale. Ses parents Aimé Lanoux et Jeanne Jacoby se sont connus aux states et reviennent s'installer en France. Fils unique, sa famille est d'origine champenoise, Troyes et Château-Thierry : artisans, charron, bottier, vigneron, corsetière, maître d'escrime.
Enfance banlieusarde à Chelles au bord de la Marne.
Rien ne le destinait à la littérature. La mort de son père en 1930 l'obligea à interrompre brutalement ses études pour participer aux besoins matériels de sa mère et de sa grand-mère (Emélie qui avait émigré aux Etats-Unis et qu'il admirait et aimait profondément). Autodidacte et financièrement autonome à partir de seize ans, il a exercé de nombreuses professions avec des fortunes diverses : employé de banque, instituteur suppléant puis titulaire, représentant de livres de luxe, dessinateur de sujets sur boîtes de bonbons, journaliste jusqu'en 1939...
Le service militaire (1934/35) fit de lui un officier de réserve.
Rencontres avec Cocteau, Maillol, Mac Orlan...
En 1939, c'est la guerre. Officier, il est fait prisonnier sur les bords de l'Aisne, le 11 juin1940 dans des conditions analogues à celles de Soubeyrac dans Le Commandant Watrin, prix Interrallié 1956. Après la captivité en Poméranie (Oflag IID), la guerre s'achève pour lui et fournira la matière à plusieurs romans. Libéré en 1942, il épouse Pierrette Dubois. Deux fils Gilles et Olivier nés en 1948 et 1952 et deux petits-fils Bertrand et Fabien.
Voulant éviter la dispersion, il choisit définitivement le métier d'écrivain et délaissera désormais la peinture. "Il faut tuer le peintre pour que l'écrivain s'accomplisse".
 Il connut un succès rapide obtenant le prix populiste en 1947, pour la Nef des fous; le prix du roman de la Société des gens de lettres, en 1952 pour Les Lézards dans l'horloge; le prix Apollinaire, en 1953, pour un recueil de poèmes, Colporteur; le prix Interallié, en 1956, pour le Commandant Watrin et le prix Goncourt en 1963 pour Quand la mer se retire.
Nombreux séjours à Banyuls et sa région puis acquisition en 1957 d'une résidence secondaire à St-Jean-Cap-Ferrat. Chaque année, il y séjourne plusieurs mois (travail et bateau). En 1964, il quitte Chelles pour s'installer à Champs-sur-Marne et se remarie avec Catherine Tolstoff.
Plus passionné encore de vie que de littérature, il aime visiter les Bibliothèques des Comités d'Entreprise et a donné de nombreuses conférences tant en France qu'à l'Etranger. Thèmes principaux : Picasso, Dali, Zola, Maupassant, Flaubert, Colette, Les Goncourt, Dorgelès...
Il a animé de nombreux organismes culturels : Le Comité de la Télévision Française, Conseil supérieur des lettres (depuis 1974), syndicat des écrivains, université radiophonique et télévisuelle internationale, président du Pen-Club (1972-1975), vice-président (1971) puis président (1978-1981) de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques-, le Conseil Permanent des Ecrivains, l'Association France-URSS... Participe à la rédaction du Code des Usages.
Elu à l'Académie Goncourt en février 1969 au couvert de Louis Aragon, il en devient le Secrétaire Général en 1971.
Une trentaine d'ouvrages en une trentaine d'années.
De 1949 à 1973, plus de 300 émissions radiophoniques ou télévisuelles, dramatiques ou littéraires.
De très nombreux articles, préfaces, essais critiques...
 
Il meurt dans sa maison "Ecoute s'il pleut" à Champs-sur-Marne le 23 mars 1983.

 
Respectant sa volonté, son journal intime tenu d'avril 1931 à février 1983 (19 volumes et plus de 5000 pages) a été confié au fonds de l' Académie Goncourt en septembre 2003- archives municipales de la ville de Nancy ou il peut y être consulté-. Egalement déposés les tapuscrits originaux de ses principaux ouvrages ainsi que de nombreux éléments manuscrits (bibliographie, chronologie etc ...).